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PEUT-ON ETRE TROP EMPATHIQUE ?

Quand la bienveillance devient une source d'épuisement


main sur épaule en soutien

En tant que thérapeute, l’empathie est au cœur de mon métier depuis une vingtaine d'années. Elle me permet d’accueillir, de comprendre et d’accompagner la souffrance de l’autre avec justesse. Mais au fil des années, j’ai aussi observé combien cette qualité, lorsqu’elle est vécue sans limites, peut devenir exigeante, voire épuisante.

À force d’être à l’écoute, de ressentir et de comprendre, la frontière entre l’autre et soi peut parfois s’estomper. Cette expérience, partagée par de nombreux professionnels de l’aide et par des personnes très sensibles, m’a donné envie d’interroger une question essentielle : peut-on être trop empathique ?

Cet article propose d’explorer les différentes formes d’empathie, leurs effets sur l’équilibre émotionnel, et d’ouvrir des pistes pour préserver sa sensibilité sans s’oublier.


L’empathie : une capacité précieuse mais exigeante


L’empathie désigne la capacité à comprendre et à percevoir les émotions d’autrui. Elle permet de se représenter ce que l’autre ressent et de reconnaître son vécu émotionnel.


On distingue généralement deux dimensions :


  • l’empathie cognitive, qui consiste à comprendre ce que vit l’autre sans nécessairement le ressentir soi-même ;


  • l’empathie émotionnelle, qui implique un partage affectif plus direct des émotions d’autrui.


C’est principalement cette seconde forme qui peut devenir envahissante lorsque les frontières émotionnelles sont floues. La personne empathique ne se contente plus de comprendre : elle absorbe la souffrance de l’autre.


Empathie, sympathie et compassion : une distinction nécessaire


Ces notions sont souvent confondues, alors qu’elles renvoient à des postures émotionnelles différentes.


une femme en console une autre

La sympathie correspond au fait de ressentir de la peine ou de l’inquiétude pour quelqu’un, à partir de sa propre sensibilité. Elle engage émotionnellement, mais sans véritable immersion dans l’expérience de l’autre.


L’empathie, quant à elle, implique de se rapprocher davantage du vécu émotionnel d’autrui. Lorsqu’elle est principalement émotionnelle, elle peut conduire à une forme de fusion affective et à une surcharge psychique.


La compassion se distingue par une posture plus équilibrée : elle suppose de reconnaître la souffrance de l’autre et de souhaiter l’aider, sans s’y identifier pleinement. Contrairement à l’empathie émotionnelle, la compassion permet d’être présent sans s’épuiser.


Apprendre à faire cette distinction est essentiel pour comprendre pourquoi certaines personnes, pourtant animées par de bonnes intentions, se retrouvent émotionnellement vidées.


Quand l’empathie devient une source d’épuisement


Les personnes très empathiques ressentent souvent les émotions environnantes de manière intense. Elles peuvent avoir du mal à distinguer ce qui leur appartient de ce qui relève de l’autre.


Cette perméabilité émotionnelle expose à :

  • une fatigue émotionnelle chronique,


  • une difficulté à poser des limites,


  • un sentiment de responsabilité excessive vis-à-vis du bien-être d’autrui.


À long terme, cette dynamique peut conduire à un épuisement relationnel, voire à un véritable burn-out émotionnel.


Des profils particulièrement concernés


Les personnes exerçant des métiers de l’aide, du soin ou de l’accompagnement sont particulièrement exposées, tout comme celles qui, dès l’enfance, ont appris à se montrer attentives aux émotions des autres. Dans ces contextes, l’empathie devient parfois un réflexe automatique, au détriment de l’écoute de soi.


Se protéger sans renoncer à sa sensibilité


Préserver son équilibre émotionnel ne signifie pas devenir indifférent. Il s’agit plutôt d’ajuster sa posture relationnelle.


Quelques pistes concrètes :


  • apprendre à différencier ses émotions de celles des autres,


  • poser des limites claires, émotionnelles et relationnelles,


  • privilégier une empathie plus cognitive ou une posture de compassion,


  • prendre soin de sa régulation émotionnelle par des temps de récupération,


  • accepter que l’on ne peut pas soulager toutes les souffrances.


Vers une empathie plus juste


L’empathie devient une force durable lorsqu’elle s’accompagne de discernement et d’auto-compassion. Se protéger émotionnellement, ce n’est pas renoncer à la bienveillance, mais apprendre à l’exercer sans s’oublier. Être attentif aux autres commence souvent par la capacité à l’être envers soi-même.

Pour conclure


Dans ma pratique, je rencontre souvent des personnes qui se sentent démunies face à cette empathie débordante. Se faire accompagner permet alors de mieux comprendre ses mécanismes émotionnels et d’apprendre à se préserver. La sophrologie, par son travail sur la conscience corporelle, la respiration et la régulation émotionnelle, peut être une aide précieuse pour retrouver une empathie plus juste et plus apaisée.


Si vous sentez que cette démarche est difficile à mener seul(e), je peux vous accompagner pour apprendre à mieux vivre votre empathie et à retrouver un équilibre émotionnel plus serein.



Sandrine BUATOIS sophrologue, relaxologue, infirmière, praticienne en massage sonore sur ESPELUCHE (26)


Rédaction janvier 2026


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