top of page

REAPPRENDRE A VOIR LE BEAU DANS UN MONDE IMPARFAIT C'EST POSSIBLE

Dernière mise à jour : il y a 3 jours


homme soucieux contrarié


Avez-vous remarqué comme une critique nous marque davantage que dix compliments ? Comme une mauvaise nouvelle capte immédiatement notre attention, alors qu’une bonne semble glisser plus vite ? Et face à un paysage magnifique, nos yeux se posent d’abord… sur le mégot de cigarette à nos pieds ou la canette abandonnée au sol.


Ce phénomène n’est pas un hasard. Il porte un nom en psychologie : le biais de négativité.


Un cerveau programmé pour détecter le danger


Le concept de biais de négativité a été largement étudié par des chercheurs comme Roy F. Baumeister, qui résume ce phénomène par une formule devenue célèbre : « Bad is stronger than good » (le négatif est plus fort que le positif).


Concrètement, notre cerveau :


  • repère plus vite les menaces que les opportunités,

  • mémorise plus intensément les expériences négatives,

  • accorde plus de poids émotionnel aux critiques qu’aux compliments.


Pourquoi ?


Parce que pendant des milliers d’années, notre survie dépendait de notre capacité à détecter le danger. Ignorer un plaisir n’était pas grave. Ignorer un prédateur pouvait être fatal.

Aujourd’hui, il n’y a plus de tigres derrière les buissons… mais notre système nerveux fonctionne encore comme s’il y en avait.


Les médias et l’amplification du négatif



femme soucieuse qui regarde la TV

Ce biais explique aussi pourquoi les informations anxiogènes attirent davantage l’attention. Les médias savent que le danger, le conflit et l’inquiétude captent plus facilement notre cerveau que les bonnes nouvelles.



Ce n’est pas forcément intentionnel ou malveillant : c’est simplement cohérent avec le fonctionnement cognitif humain.


Résultat ?


Nous avons parfois l’impression que « tout va mal », alors même que notre réalité personnelle est souvent plus nuancée.


Bonne nouvelle : le cerveau est malléable !



image d'un cerveau et de neurones connectés

Si notre cerveau est naturellement attiré par le négatif, il n’y est pas condamné.


Grâce à la neuroplasticité, il est possible de modifier progressivement nos circuits d’attention et d’interprétation.

En effet, en répétant certaines pratiques, nous pouvons apprendre à orienter davantage notre conscience vers le positif.


Plusieurs approches thérapeutiques s’appuient sur cette capacité d’adaptation.

 

Des thérapies qui rééquilibrent le regard


1. Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC)


Développées notamment par l'Américain Aaron T. Beck, les TCC aident à identifier et transformer les pensées automatiques négatives.


Elles apprennent à :


  • repérer les distorsions cognitives,


  • questionner les interprétations catastrophiques,


  • remplacer les schémas mentaux rigides par des pensées plus réalistes et nuancées.

 

2. La psychologie positive


Portée par Martin Seligman (psychologue fondateur de la psychologie positive et ancien président de la célèbre American psychological Association), elle ne nie pas les difficultés, mais cherche à développer les forces, la gratitude et les émotions positives.


Elle propose des exercices concrets comme :


jeune femme qui écrit

  • le journal de gratitude,


  • l’identification de ses forces personnelles,


  • la mise en valeur des expériences positives quotidiennes.



3. La pleine conscience


Popularisée en Occident par Jon Kabat-Zinn (médecin émérite à l'université du Massachusetts), la pleine conscience aide à observer ses pensées sans s’y identifier.


Elle permet de :


  • reconnaître une pensée négative comme un simple événement mental,


  • éviter la rumination,


  • revenir à l’instant présent.


4. La sophrologie


exercices de respiration guidés

La sophrologie fondée par Alphonso Caycedo (neuropsychiatre) agit à la fois sur le corps et l’esprit. Elle utilise la psychologie positive, la pleine conscience et ajoute à cela les mouvements du corps, la respiration et les visualisations positives vécues dans un état de conscience modifiée. Cette combinaison permet :


  • d'apaiser l’hypervigilance au danger,


  • de renforcer la perception des sensations agréables,


  • d'installer progressivement un état intérieur plus serein.


En répétant ces exercices, on entraîne littéralement son cerveau à prêter davantage attention au positif.

 


Mes 7 petits conseils pour rééquilibrer son attention au quotidien



Trois jeunes qui se connecte à la nature en touchant le tronc d'un arbre


1. Le rituel des « 3 moments positifs »

Chaque soir, noter trois choses agréables de la journée, même très simples.


2. S’arrêter 20 secondes sur le positif

Lorsque quelque chose d’agréable se produit (un sourire, un rayon de soleil, un compliment), rester volontairement dessus quelques secondes. Cela renforce l’ancrage neuronal.


3. Réduire l’exposition aux informations anxiogènes

Choisir des moments précis pour s’informer plutôt que consommer en continu.


4. Reformuler intérieurement

Transformer « Tout va mal » en « Certaines choses sont difficiles, mais d’autres vont bien ».


5. Cultiver la gratitude active

Remercier explicitement une personne ou écrire un message de reconnaissance.


6. Pratiquer la respiration consciente

Quelques minutes par jour suffisent pour calmer le système nerveux.


7. Observer la beauté ordinaire

Un arbre, un éclat de rire, une lumière particulière. Le beau est souvent discret mais omniprésent.

 

Et non, voir le beau n’est pas nier le réel !



illustration d'hommes qui font l'autruche la tête dans le sable

J'entends souvent des gens me dire, "tu fais l'autruche, tu ne vis pas dans la réalité !". Ils ont tord.


Orienter son attention vers le positif ne signifie pas nier les difficultés ni tomber dans un optimisme naïf.



Il s’agit plutôt de rééquilibrer une tendance naturelle.


Notre cerveau penche déjà vers le négatif. Lui apprendre à voir aussi le beau, c’est restaurer une forme d’équité intérieure.


Conclusion


Oui, le cerveau humain est naturellement attiré par le négatif. Mais non, nous ne sommes pas prisonniers de cette tendance.


Grâce à des approches comme la sophrologie, les TCC, la psychologie positive ou la pleine conscience, et grâce à de simples pratiques quotidiennes, nous pouvons entraîner notre attention à reconnaître davantage la beauté, la gratitude et la joie.


En réalité, il ne s’agit pas de changer le monde. Il s’agit de changer le projecteur.

Et cela, nous en avons le pouvoir !


Sandrine BUATOIS, Sophrologue, Relaxologue, Infirmière, praticienne en massage sonore sur ESPELUCHE (26)

 

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
bottom of page