SOPHROLOGIE ET TROUBLES PSY, PRUDENCE !
- Sandrine BUATOIS

- 23 mars
- 2 min de lecture

La sophrologie est aujourd’hui utilisée dans de nombreux domaines : gestion du stress, des douleurs, troubles du sommeil, préparation mentale ou régulation des émotions.
Cependant, comme toute approche d’accompagnement, elle présente certaines limites, notamment dans le champ de la psychiatrie. Certaines pathologies sévères comme la schizophrénie, les troubles psychotiques ou la bipolarité dans certaines phases nécessitent des précautions particulières.
Cela ne signifie pas que les personnes concernées ne peuvent pas bénéficier d’approches corporelles, mais que certaines techniques sophrologiques peuvent, dans certains cas, déstabiliser leurs symptômes.
Comment agit la sophrologie sur le psychisme ?

La sophrologie repose sur plusieurs mécanismes : relaxation, respiration, visualisation, attention aux sensations internes et légère modification de l’état de conscience.
Ces outils sont généralement bénéfiques, mais ils impliquent une immersion dans le monde intérieur. Or, chez certaines personnes souffrant de troubles psychiatriques sévères, cette focalisation peut accentuer des difficultés liées à la perception de la réalité ou de soi.
Sophrologie et troubles psychotiques

Les troubles psychotiques se caractérisent par une altération du contact avec la réalité (hallucinations, idées délirantes, désorganisation de la pensée).
Dans ce contexte, la sophrologie peut parfois :
accentuer la confusion entre imaginaire et réalité
renforcer certaines expériences internes (images, sensations)
amplifier des perceptions déjà perturbées
Les exercices de visualisation ou de relaxation profonde peuvent ainsi être mal interprétés ou intégrés à des croyances délirantes.
Sophrologie et schizophrénie

La schizophrénie affecte la perception, la pensée et le sentiment d’identité.
Comme la sophrologie travaille sur la conscience corporelle et l’expérience intérieure, elle peut parfois :
accentuer les sensations d’étrangeté corporelle
renforcer les impressions de perte de contrôle
être interprétée de manière concrète ou délirante
Sophrologie et trouble bipolaire
Dans le trouble bipolaire, les précautions concernent surtout les phases maniaques.
Les techniques de visualisation et de projection peuvent alors :
stimuler excessivement l’imaginaire
renforcer les idées de grandeur
accentuer l’agitation mentale
Dans quels cas la sophrologie est-elle envisageable ?
La sophrologie peut parfois être adaptée, à condition d’un cadre strict :
suivi médical (avec l’accord d’un psychiatre)
exercices simples et structurés (respiration, relaxation, ancrage)
accompagnement par des professionnels formés
Les signaux d’alerte pour les sophrologues
Certains signes doivent inciter à orienter vers un professionnel de santé mentale :
discours désorganisé
croyances délirantes
hallucinations
forte confusion entre imaginaire et réalité
alternance marquée entre excitation et dépression
Une question d’éthique
Reconnaître les limites de la sophrologie est essentiel. Cela ne diminue pas son intérêt, mais garantit une pratique responsable.
Si elle est très efficace pour le stress, l’anxiété ou le bien-être, certaines pathologies psychiatriques nécessitent un accompagnement spécialisé.
Le rôle du sophrologue est alors de savoir orienter vers les professionnels adaptés.
Sandrine BUATOIS, Sophrologue, Relaxologue, Infirmière, praticienne en massage sonore sur ESPELUCHE (26), rédaction mars 2026
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